Partage méditatif

 

 

 

Emergence

La Vie coule,
telle une Source Magique.

Ne plus la percevoir, tout s’assèche.

La laisser vivre, elle nettoie et guérit,
tisse notre chemin.

La Source contient tout.

Elle est Artiste, Guérisseuse.

Elle est Connaissance et Savoir.

Vouloir devenir quelqu’un sera futile et limité.

Révéler ce que nous sommes déjà rayonnera et sera illimité.

La Source ne se provoque pas.
Elle émerge.

Toute technique, toute méthode est vaine.
Elles traduisent notre oubli.

Etre avec ce qui est là, permettre, ressentir.
Laisser émerger.
Laisser émerger.

Aimer le chant des oiseaux autant que se rouler dans la boue.

Aimer le jour comme la nuit.

Il n’y a besoin de rien ni de personne.

Le chemin paraît long, mais nous savons déjà.
Nous connaissons déjà.
Nous sommes déjà là.
Déjà là.

                                                                                                                 

 

Là où j’habite

Là où j’habite il n’y a pas de maisons.
Car là où j’habite il n’y a pas de murs.

Là où j’habite il fait toujours beau, même quand le Ciel est à l’orage.

Là où j’habite il n’y a pas de nuit froide sans le feu qui réchauffe et éclaire,
ni de jour brûlant sans l’ombre qui rafraîchit.

Là où j’habite la chaleur fait fondre la laideur et le gel cristallise la beauté.
La tempête balaie les branches mortes et le calme invite à danser.

Là où j’habite il n’y a pas d’exclu.
Tristesse, Colère et Peur ne connaissent pas de solitudes.

Là où j’habite le Silence est le Soleil qui illumine tous les bruits.

Là où j’habite tout s’ouvre, tout s’ouvre.

Encore et encore.

Toujours, toujours, toujours.

                                                  

 

L’artiste

Il existe un monde qui ne s’éteint jamais, qui ne disparaît jamais.

J’aime me promener dans ce monde.
Tout y est si beau.
Tout y est si vaste.

Ce monde là est joueur.
Il aime venir s’amuser dans la matière.

Ce monde là est farceur, comme l’est un enfant,
se déguisant sous mille et mille formes.

Parfois musique, parfois poésie, parfois sculpture.

Mais quand mon front se plisse de sérieux en croyant faire de la musique, de la poésie ou une sculpture, ce monde se met à rire, à rire, à rire.

« Si tu veux savoir ce qu’est la musique, bois un verre d’eau. Si tu veux savoir ce qu’est une poésie, va travailler à l’usine, si tu veux savoir ce qu’est une sculpture, croque dans une bulle de champagne ».

Et il rit de plus belle, dans un rire si joyeux que je me mets à rire avec lui.

Et dans ce rire tout s’éclaire, tout devient limpide.

Il n’y a plus de musique, de poésie ou de sculpture.

Il n’y a plus de verre d’eau, d’usine et de champagne.

Il ne reste plus que ce rire joyeux, partout, partout, à l’infini, à l’infini.

 

 La disparition

 

Au cœur du Silence toutes les portes s’ouvrent.

J’entends mais il n’y a pas de sons.

Je vois mais il n’y a pas d’images.

Je ressens mais il n’y a pas de sensations.

Au cœur du Silence j’ai disparu.

Quel bonheur.

                       

                                                                                 

Qu’importe

Ces yeux qui ne voient,
ces oreilles qui n’entendent.

A la beauté, aveugles.
A l’appel, sourds.

Qu’importe.

Personne pour le reprocher.
Personne pour ne pas le reprocher.

L’arbre reste majestueux,
Le Silence continue à chanter.

                                              

 

Le clair matin

J’ai brassé ma solitude dans le Ciel du Monde, comme on brasse du vent, comme on brasse de l’air.

Grain de sable perdu dans le désert, étoile isolée dans le Ciel.

Assourdi par mes propres cris, effrayé de ma propre ombre.

Longtemps longtemps j’ai erré, de place en place, d’espoir en espoir, d’illusion en illusion.
Longtemps, tellement longtemps.

Rassuré par le soleil, assombri par le nuage.
Pleurant la fin de l’été, espérant son retour tout l’hiver.
Girouette livrée aux caprices du vent.

Mais dans ce clair matin qui se lève, est-il possible que cela ne soit pas ?
Que le rire joyeux ait tout effacé ?
Que la brise légère ait tout nettoyé ?

Espace neuf et jamais terni, ce jour nouveau n’a-t-il jamais disparu ?
Quelle est cette fraîcheur qui m’inonde et me laisse souriant,
là,
au milieu de la souffrance du monde.

                                                              

 

L’immobilité


Frère de coeur, soeur d’âme, ta souffrance est ma souffrance, ton bonheur est mon bonheur, et pourtant en moi rien ne bouge, laissant les mouvements de la Vie libres de naître et mourir sans rencontrer d’obstacles.

Merveilleux Silence où tout se rejoint et se reconnaît, et d’où jaillit la Vie, intense et puissante, indéfiniment, indéfiniment.

                                                                                    

 

Vérité

Vérité te voilà ?

Dénudée de tous les mots
Dans le Silence tu jaillis

Immédiate

                          

 

Tant de mots

Tant de mots, tant de mots.

Tant de mots qui éloignent
Tant de mots qui séparent.

Tant de mots, tant de mots

Pour aller où ? Pour dire quoi ?

Trains vers l’enfer
Tant de mots qui embarquent,
Tant de mots qui distraient.

Dans leur folie, tant de mots qui se perdent
Tant de mots qui se noient.

Où allez-vous, mots, où allez-vous ?

Passez, passez.

Seule l’empreinte de mon pied me rappelle mon vrai chemin.

Celui qui se crée et s’efface à chacun de mes pas.

Celui qui par sa Joie crée le sol sur lequel je me pose.

Celui qui se nourrit de lui-même pour mieux s’offrir aux autres.

Celui qui danse car il aime danser
Celui qui chante car il aime chanter
Celui qui n’a pas besoin de conduire quelque part.

Passez, passez les mots.

Et quand vous serez prêts, venez danser avec moi.

                                                                            

 

Quelques gouttes

 

Quelques gouttes ont suffi.

Surgies de nulle part, surgies de rien.

Quelques gouttes ont suffi.

De la noirceur et la lourdeur, rien ne subsiste.

Quelques gouttes ont suffi et me voilà rafraîchi.

                                                                  

 
 
 
Le chercheur de Vérité

 

J’ai posé mes diplômes, vomi mes connaissances.

J’ai ôté mes vêtements, rangé mes costumes.

Me voilà nu.

Ciel, suis-je digne de recevoir ta réponse?

Mais le Ciel est resté là-haut et moi ici-bas.

Je me suis assis au pied de l’Arbre de la Connaissance,
j’ai attendu son enseignement, immobile et patient.

Mais rien n’est venu.

Mais toi Rivière, si j’écoute la poésie de ta musique, tu me répondras?

Mais elle n’a pas répondu non plus.

N’en pouvant plus, sauvagement,
j’ai bondi au haut de l’Arbre et sauté dans la Rivière.

Alors l’Arbre a ri, la Rivière s’est soulevée et le Ciel s’est jeté dans mes bras.

                            

 

Chants du Silence

La musique ne dit rien.

C’est pour cela qu’elle est si belle.

La musique ne dit rien car elle n’a rien à dire.

C’est parce qu’elle existe que la musique est si belle.

Comme l’oiseau, comme le soleil.
Comme l’arbre.

La musique est si belle parce qu’elle n’existe pas.

Elle n’existe pas, tout comme l’oiseau, le soleil.
Tout comme l’arbre.

Elle n’existe pas car la musique est silence.

Elle n’existe pas, c’est pour ça qu’elle est si belle.

Entends-tu le silence ?

Sa musique est si belle.

Comme l’oiseau, comme le soleil.
Comme l’arbre.

                               

 

D’une bulle

D’une bulle qui s’envole, j’entends le chant des oiseaux.

Le chant des oiseaux qui résonne, qui résonne.

Le chant des oiseaux qui sourit,
qui sourit à la bulle,
qui sourit au Ciel bleu.

Et au chant des oiseaux la bulle qui sourit,
la bulle qui rit.

Et dans sa danse du rire, la bulle invite le nuage noir, invite la tempête.

Et dans sa danse, elle vient frapper à ma porte.

Et elle invite la tristesse, et elle invite la lourdeur.

Et elle danse, danse.

Et elle rit, rit.

                             

 

La Colline

Comme ta courbe m’est douce.
Harmonieuse, calme, tendre.

Délicatement, seulement délicatement, mon regard s’y pose.
Si délicatement.

Mon regard s’y pose, comme après un long voyage.

Où commences-tu Douce Colline ?
Qui t’a créée Douce Colline ?

Si finement soulevée sans jamais être déformée.
Sein nu ondoyant à chaque pas de la belle marcheuse.

Douce colline, à force de t’observer ton souffle me devient maintenant perceptible.

En toi je respire et m’ouvre.

Dans ma poitrine qui se soulève et s’abaisse, je reconnais la force qui t’a créée.

Dans ton apparente immobilité se révèle l’éternel souffle de Vie qui m’anime.

Merci Douce Colline

                                   

 

La Messagère

L’âme adore chanter.

En fait elle chante continuellement, pas seulement dans son bain.

Elle chante le Silence, plein de Couleurs.

Son chant est si beau et si familier, que ne plus l’entendre est douloureux.

La Musique est une de ses messagères.

Elle dit:
Souviens-toi,
Tu es ce merveilleux chant du Silence.

Laisse-le s’étendre à l’infini.
Laisse-le te guider.

Il te ramène à la maison.

                               

 

Là où mes larmes sont tombées

Là où mes larmes sont tombées,
les fleurs, enfin, enfin,
les fleurs enfin ont pu pousser.

                                          

 

L’arbre de la Forêt

Ami qui vient me voir,
qui crois-tu rencontrer?

Je suis là immobile penses-tu.

Sens-tu la Vie qui coule en moi?
Sens-tu la Force qui vibre en moi?

Le Vent me caresse,
une feuille frémit.

Je souris.

Ma Présence grandit,
je n’ai plus de limites.

Du fond de mes racines je t’amène la mémoire des temps anciens.

Je n’ai plus d’âge et je suis un Géant.

Ami, t’es-tu reconnu?